Une histoire magnifique. Via Philippe
Huguenin Sur FB
Cet extrait est tiré du livre de Jack
Kornfield : " Après l'extase, la lessive ". Ce qui suit est une
histoire vraie.
Sur Amazon
un des livres (il y en plusieurs)
http://www.amazon.fr/Apr%C3%A8s-lextase-lessive-Jack-Kornfield/dp/2710324040/ref=sr_1_2?s=books&ie=UTF8&qid=1327574876&sr=1-2

" Même lorsque les circonstances sont
extrêmes,
la compassion et le pardon restent
possibles.
Un jour, dans le train allant de Washington à
Philadelphie, je me retrouvai assis à côté d'un Noir américain qui
avait travaillé pour le Département d'Etat en
Inde.
Il avait quitté ce poste pour s'occuper
d'un programme de réhabilitation pour jeunes délinquants dans le
district de Columbia. La plupart des jeunes avec lesquels il
travaillait faisaient partie de gangs et avait commis des
meurtres.
Un garçon de quatorze ans, qu'il
suivait ainsi, avait utilisé une arme à feu et tué un adolescent
innocent, simplement pour faire ses preuves vis-à-vis de sa
bande.
Au procès, la mère de la victime
demeura assise, impassible et silencieuse jusqu'au verdict. Quand
le jeune fut reconnu coupable du meurtre, elle se leva lentement
et, fixant le garçon, elle déclara : " Je vais te tuer." Le jeune
assassin fut ensuite emmené dans une institution pour mineurs où il
devait passer plusieurs années.
Au bout de six mois,
la mère de la victime rendit visite au meurtrier.
Celui-ci, ayant vécu dans la rue
avant ce crime, n'avait eu aucun autre visiteur.
Ils parlèrent pendant un certain
temps et, lorsqu'elle partit, elle lui donna un peu d'argent pour
ses cigarettes.
Puis, petit à petit, elle
commença à venir le voir plus régulièrement, en lui apportant de la
nourriture et de petits cadeaux.
Vers la fin des trois années
d'emprisonnement, elle lui demanda ce qu'il comptait faire
lorsqu'il sortirait.
C'était très confus et
vague et elle lui proposa donc de l'aider en lui trouvant un
travail dans la société d'un ami.
Puis, elle lui demanda où il
pensait vivre et, comme il n'avait pas de famille, elle lui offrit
d'utiliser la chambre vide de sa maison.
Il y vécut pendant huit
mois, mangeant ce qu'elle lui cuisinait et travaillant dans cette
entreprise. Un soir, elle l'appela dans le salon pour
parler.
Elle s'assit en face de
lui et marqua une pause. " Tu te souviens, commença-t-elle, au
tribunal, quand j'ai dit que j'allais te tuer ? - Bien sûr,
répondit-il, je n'oublierai jamais cet instant. - Eh bien,
dit-elle, c'est ce que j'ai fait !
Je ne voulais pas que le garçon
qui avait tué sans raison mon fils reste vivant sur cette terre. Je
voulais qu'il meure.
C'est pour cela que j'ai
commencé à te rendre visite et à t'apporter des
affaires.
C'est pour cela que je t'ai
trouvé un travail et que je t'ai laissé vivre ici dans ma
maison.
C'est comme cela que j'ai
commencé à te changer.
Ce garçon a maintenant
disparu. Aujourd'hui, puisque mon fils est parti, puisque son
assassin est parti aussi, je veux te proposer de rester
ici.
Tu as une chambre et je
souhaiterais t'adopter si tu le veux bien."
Elle devint ainsi la
mère du meurtrier de son fils, la mère qu'il n'avait jamais
eue.
" Ce qui est jugé est nourri, ce
qui est aimé est transformé "